Faire de la pop en choeur une expérience vivante
Quand on chante de la pop en choeur, qu'est-ce qui fait qu'une interprétation devient vraiment vivante, au-delà du fait de chanter les bonnes notes ?La pop, par définition, est une musique qui rassemble et qui entraîne. Pour moi, ce qui la rend vivante, c'est une interprétation pensée et dirigée vers le public, avec l'envie de lui donner envie de se lever, de chanter, de bouger. C'est aussi un choeur qui arrive à déplacer son focus de la cheffe de choeur vers le public, à sortir de la relation chef·fe-choristes pour entrer pleinement en connexion avec celles et ceux qui l'écoutent.
Ça passe par un engagement physique et vocal dans l'instant présent, mais aussi par la connexion du choeur avec lui-même : une intention commune, une même image, une même énergie qui traverse l'ensemble des choristes.
La voix, un terrain de jeu sonore infini
Dans ton travail de chanteuse, de cheffe de choeur et d'arrangeuse, qu'est-ce qui te passionne particulièrement dans la rencontre entre la pop et la voix collective ?La pop d'aujourd'hui emprunte beaucoup à l'esthétique des musiques électroniques. Et la voix est un formidable instrument pour explorer ces univers : elle est modulable à l'infini, dans ses textures, ses dimensions rythmiques et harmoniques, ses timbres, ses voyelles… C'est une matière sonore exceptionnelle, qui permet de se réinventer en permanence.
À plusieurs, les possibilités deviennent vertigineuses. On peut jouer avec les matières vocales, les superpositions, les rythmes, la spatialisation… J'aime cette idée que le choeur puisse devenir un véritable terrain de jeu sonore, où la voix ne sert pas seulement à chanter une mélodie, mais à fabriquer du son, de la sensation et du mouvement.
Un répertoire entre pop, électro et réinterprétation
Tu as choisi d'arranger toi-même le répertoire. Quels morceaux ou quels univers musicaux as-tu envie de faire découvrir, et pourquoi ?J'aimerais justement explorer les liens entre pop et musique électronique, avec par exemple Santé de Stromae.
Je voudrais aussi proposer un titre qui nous permette de travailler la coresponsabilité du choeur, sans direction, pour expérimenter ce qui se passe quand le collectif devient lui-même responsable de son équilibre et de son énergie.
Enfin, nous travaillerons sur une réinterprétation d'un titre très connu des années 70 : comment s'emparer d'un morceau que tout le monde connaît, le transformer et l'actualiser, sans perdre ce qui fait sa force.
Quand le corps transforme l'interprétation
Peux-tu nous donner un exemple concret d'un travail ou d'un exercice qui peut transformer la manière dont un ensemble interprète un morceau ?Je proposerai notamment aux stagiaires de danser sur l'un des titres qu'ils vont travailler, comme s'il était 23 h 30, un soir de réveillon du Nouvel An.
L'idée, c'est de les amener à ressentir profondément, dans leur corps et leur énergie, ce que la musique provoque chez eux. Dans quel état physique faut-il se mettre pour servir au mieux une chanson ? Qu'est-ce que ça change dans la voix, dans l'engagement, dans la présence, quand on ne cherche plus seulement à bien chanter, mais qu'on habite vraiment la musique ?
Parce que l'interprétation ne commence pas dans la tête. Elle commence aussi dans le corps.
Dépasser les idées reçues sur la chorale
Y a-t-il une idée reçue sur le chant pop en choeur que tu aimerais faire évoluer ?Je pense que le répertoire pop proposé aux chorales aujourd'hui peut parfois sembler vieillissant, et que les représentations du choeur restent souvent très statiques. C'est une réalité, et j'aimerais qu'on arrête de croire que la chorale, c'est forcément ça. 😁Je me sens davantage inspirée par des univers comme Barbatuques ou par certains choeurs universitaires américains, avec des concerts qui devraient être remboursés par la Sécurité sociale tellement ils nous font nous sentir vivant·es !
J'ai envie de défendre un choeur qui bouge, qui prend de l'espace, qui ose, qui engage tout le corps et qui assume pleinement sa puissance collective.
Oser davantage, individuellement et collectivement
Qu'est-ce que tu aimerais que les participants emportent avec eux à l'issue de ces deux journées, et qu'ils puissent réinvestir dans leur pratique habituelle ?Un maximum d'énergie, d'envie et de joie pour continuer leur pratique !
Mais aussi la conscience que, même au sein d'un collectif, chaque personne est unique, importante et essentielle. Que la place qu'elle occupe, son engagement, sa présence et ce qu'elle apporte au groupe sont fondamentaux. J'aimerais qu'ils repartent avec l'envie d'oser davantage, individuellement comme collectivement, et avec une autre perception de ce dont leur choeur est capable.Faut-il avoir une expérience particulière du chant pop, de l'improvisation ou du chant a cappella pour profiter pleinement du stage ?Absolument pas ! Il faut simplement avoir envie de chanter, être curieux·se et ouvert·e à de nouvelles expériences vocales. Le reste, on l'explore ensemble !
Envie de participer à l'aventure ? Rejoignez Marion Cassel pour deux journées consacrées au son, au groove et à la présence, et venez expérimenter une autre manière de faire vivre la voix collective !
📅 Stage « Chanter la pop en choeur – Son, groove et présence » les 28 et 29 novembre 2026 à Orléans (45)