Astryd a 8 ans lorsqu'elle découvre la comédie musicale Les Misérables. C'est une véritable révélation pour la petite fille qui rêve tout de suite de devenir chanteuse. Elle sait qu'elle ne quittera plus ce chemin : celui de la voix ! Astryd prend des cours de chant, étudie la musicologie et le chant. Diplômée à Paris, c'est ensuite en Allemagne et en Autriche qu'elle poursuit ses études où elle obtient son CA de chant et un diplôme Experte Académique, en direction de choeur d'enfants et de choeur de jeunes. « Pour passer le certificat d'aptitudes, j'avais le choix entre la voix d'homme, de femme, de groupe de seniors ou d'enfants. J'ai choisi les enfants sans hésiter car ça me rappelait ce que j'avais moi-même vécu enfant, au sein du choeur de l'Opéra de Paris. Ça m'a paru évident. »
Depuis, Astryd a eu l'occasion de travailler dans des milieux très différents avec des enfants de tous les âges, a pu balayer tous les chants possibles de choeur d'enfants et tous les registres. « Aujourd'hui, j'interviens auprès d'enfants de toutes les classes, de la grande section de maternelle à la terminale. Ces expériences variées me permettent d'accompagner au mieux toutes les personnes venant se former. » De son côté, chaque formation lui permet d'évoluer dans son domaine de prédilection grâce aux nouvelles questions qui lui sont posées : la remise en question est perpétuelle, la formation est continue et sans cesse étoffée de nouvelles ressources. « On commence par un tour de table qui me permet de connaître les besoins des personnes et de moduler le programme. L'objectif est que chacun·e reparte avec des problématiques claires et des outils concrets ; avec une valise pleine d'idées, venant de moi mais aussi de chaque participant·e, car nous sommes collègues et tout le monde a des connaissances à partager ! »

Pour bien accompagner ce public, un autre enjeu est d'apprendre à faire la différence entre un bourdon, une mue et une voix dysfonctionnelle. Pour faire ces distinctions, elle propose de s'appuyer sur des check-lists et critères bien définis. Grâce à du contenu théorique et des cas pratiques, les participant·es seront en mesure d'identifier les problématiques et de mettre en place des exercices adaptés.
La formation se donne aussi pour mission de détricoter des idées reçues contre-productives qui perdurent de génération en génération. Exemple ? « Le diaphragme n'a pas besoin d'être ‘'réveillé'' ; on peut tonifier un enfant, mais par d'autres biais que des exercices problématiques où l'on contracte le ventre. Il n'est pas non plus question de parler du périnée avec ce public ! »
Le sujet du temps de pause nécessaire pour stabiliser la voix et prendre soin des cordes vocales est également abordé. « Dans les premiers mois de la phase fragile qu'est la post mue chez les garçons, il ne faut pas les faire chanter en ténor mais en baryton. Même si on entend des facilités dans les aigus, il ne faut pas forcer les voix, il faut être patient·e. Des répertoires trop difficiles et non adaptés pourraient créer de réels dommages et décourager les enfants… Il faut se rappeler qu'on est au service d'un choeur, et qu'on va tout faire pour qu'il se développe. Cela nécessite de s'adapter et de rester à l'écoute sans toutefois s'oublier. »


Enfin bien sûr, l'accompagnement psychologique ne doit pas être négligé. Il est essentiel de rappeler aux enfants qui traversent cette mue que ce qu'iels vivent est normal, qu'iels ont toujours leur place dans le choeur et qu'on ne les abandonne pas ! « C'est un refuge pour beaucoup : on y crée des amitiés et des liens à vie, sans notation ni concurrence. C'est un espace où on fait du Beau ensemble. C'est important de les rassurer et de positiver ce changement : iels évoluent vers une nouvelle vie de chanteur·euse et cela ne remet pas en question leur appartenance au groupe ! »
Parce que les problématiques sont aussi variées que les enfants, la formation n'offre pas de solution clé en main mais ouvre une porte passionnante et donne des outils concrets pour aider les chef·fes à ne plus jamais se sentir démuni.es.
Un article signé Anaïs Andos
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Les inscriptions pour la formation se clôturent le 9 avril